ZoneCone devient 511 Ouvert… ou quelque chose comme ça

June 14th, 2012 — 2:49pm

Après plusieurs mois de silence et une production finalement assez faible, je fais appel à ce blogue pour ce qui sera probablement son dernier billet. Malgré le peu d’activité sur ZoneCone, les derniers mois ont été mis à contribution pour essayer donner une suite à ZoneCone et il me fait plaisir d’annoncer aujourd’hui, avec un peu de retard, que c’est chose faite: le concept développé pour ZoneCone aura l’occasion d’être pleinement exploité dans les prochains mois.

Petit retour en arrière pour expliquer la genèse de ce projet à venir: lors du développement de ZoneCone, il m’est rapidement apparu qu’il ne serait pas possible d’obtenir une couverture géographique et une qualité de données suffisante pour en faire un service vraiment utile. Les données en jeux dépendent de trop nombreux intervenants, plusieurs ne publient pas ces données et ceux qui le font utilisent des formats trop variés. Enfin, suite aux commentaires des utilisateurs et mes propres expériences, il devenait évidemment qu’une simple application web n’était pas un bon véhicule: il fallait que l’information soit rendue disponible à travers des outils déjà utilisés par les citoyens, à travers des téléphones intelligents et idéalement intégrés à des applications déjà utilisées comme Google Maps.

C’est avec cette vision et le support de James McKinney et de Nord Ouvert que nous avons déposé un projet de standardisation des données d’entraves routières auprès de GéoConnexions, un programme fédéral faisant la promotion des infrastructures de données géospatiales au Canada. Et c’est avec une certaine surprise et surtout beaucoup d’enthousiasme que nous avons appris en avril dernier que notre projet était accepté. Au mois de mai, j’ai donc réalisé le saut: travailler à plein temps avec Nord Ouvert pour développer ce projet.

Le financement obtenu est d’un montant d’environ 175k$, couvre une période de 18 mois et vise le développement de deux éléments intimement liés: Le premier élément est la mise sur pied d’un standard de données et une API dans la même philosophie que Open311 et facilitant l’accès des données d’entraves routières. Ce format sera, assez logiquement, utilisable et “implémentable” par n’importe qui selon une licence ouverte. Le second élément est une application web open source permettant de gérer et de publier des données d’entraves routières. En effet plusieurs instances gouvernementales, notamment municipales, n’ont pas les moyens de développer des outils de publication des données ni d’acquérir des logiciels souvent complexes et couteux. Cette application vise donc à combler l’information manquante, notamment venant des municipalités de moyenne taille.

De manière à rencontrer les attentes des gouvernements, le projet a été bâti avec des collaborateurs pouvant nous soutenir par leurs connaissances des besoins et du milieu. Au niveau gouvernemental, nous allons travailler avec le Ministère des Transports de la Colombie-Britannique ainsi que les villes de Montréal, Ottawa et Repentigny. Au niveau institutionnel, nous comptons sur la collaboration de Nicolas Saunier, professeur assistant spécialisé en transports à l’École Polytechnique de Montréal ainsi que le Living Lab de Montréal et l’Institut International de Logistique de Montréal. À cela s’ajoute la présence de David Eaves pour nous aider à promouvoir le standard et InstantGeo qui va représenter les “consommateurs” potentiels du format standard. Ces collaborateurs ont pour vocation de supporter le processus de design et de développement. Écoutant plusieurs acteurs ayant eu à bâtir de tels formats de données, nous allons conserver ce noyau de collaborateurs pour développer les éléments clés. En effet nos moyens demeurent limités et la coordination des différents acteurs consomme beaucoup de temps. Dans une optique d’ouverture et de communauté chère aux mouvements open source et open data, nous allons mettre en place des moyens nous permettant de partager le fruit de notre travail et prendre en compte les remarques qui émergeraient de la communauté.

Nous travaillons également à contacter d’autres villes et provinces pour prendre connaissance de leur niveau d’avancement concernant la gestion de ces données. Le travail en est encore aux étapes préliminaires et donc peu de choses à dire sur le projet pour le moment. Les choix techniques au niveau du format de données et de l’API ne sont pas encore faits et nous évaluons si nous pouvons nous raccrocher à des formats ou des logiques existantes. Pour la plateforme, elle sera développée avec le framework Django. Un site web dédié au projet devrait être mis en place dans les mois à venir. Pour l’heure ZoneCone demeure fonctionnel mais la curation que je réalisais sur les événements (pour améliorer certaines données insuffisantes) est suspendue depuis plusieurs mois car trop prenante en temps. D’ici quelques mois, ZoneCone sera probablement remplacé par une instance de la plateforme open source que nous développons. Pour toute question, vous pouvez me contacter par courriel: stephane [at] opennorth.ca

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Qui sont les pirates citoyens? (complément)

February 3rd, 2012 — 10:52pm

Voici un petit billet faisant suite à une entrevue radio à laquelle j’ai participé avec Jonathan Brun: Qui sont les pirates citoyens? J’en profite pour remercier l’équipe de L’après-midi porte conseille de nous avoir inviter à causer de la question des données ouvertes, un sujet pas forcément ultra-sexy en soi.

Ce genre d’entrevue permet de remettre en contexte notre propre travail et d’essayer d’expliquer simplement ce que nous, ces “pirates citoyens”, essayons de faire. Le présent texte vise à compléter certains éléments discutés; il est donc préférable d’écouter l’entrevue (15 minutes), mais ce n’est pas une obligation.

Commençons par un errata: J’ai dit dans l’entrevue qu’un des pays d’avant-garde en open data est l’Éthiopie. C’est une erreur de ma part, il s’agit en fait de son voisin du sud, le Kenya avec notamment un incroyable portail de données ouvertes.

Les hackers

L’introduction de l’entrevue se fait sur les hackers en prenant comme exemple Mafia Boy. Est-ce que les geeks jouant dans les données ouvertes se voient comme des Mafia Boy en puissance? Clairement non. Mais on paie la monnaie de notre pièce en utilisant ce terme avec tous les symboles qui viennent avec. Ceci dit, le hacker est avant tout un bidouilleur, et pas seulement d’informatique. À titre d’exemple Ikea Hackers permet à n’importe qui de proposer des idées pour customiser vos achats suédois.

Black hat vs white hat

Vision un peu manichéenne du méchant (Black hat) contre le gentil (White hat). La ligne est évidemment mince et plusieurs regroupements de vrais hackers comme le Chaos Computer Club ou Cult of the Dead Cow pourraient être tour à tour taxés de l’un ou de l’autre. Par ailleurs, bon nombre de ces black hat sont avant tout des script kiddies, des personnes qui se contentent de réutiliser une recette de cuisine informatique pour faire une connerie, parfois grosse. Mafia Boy, justement, peut être qualifié de script kiddie puisqu’il pas créé grand-chose par lui-même.

Évidemment, à mes yeux les hackers oeuvrant dans le domaine des données ne peuvent être considérés comme Black hat, mais vraiment pertinent de se poser de telles questions?

Applications “Open data”, du piratage?

Bien que la majorité des applications open data a une vocation constructive, cela passe parfois par des actes à la limite de légalité. Le cas le plus fréquent est la violation de clauses de redistribution des données. En effet, la plupart des données gouvernementales sont protégées, implicitement ou explicitement, par un droit d’auteur qui comporte des limitations en matière de réutilisation. À cause de cela, un site comme ZoneCone peut être considéré comme illégal. Ceci dit, il est rare que les gouvernements se prévalent de leurs droits dans des cas d’utilisations positives.

C’est à cause de ces restriction que considérer que des données sont ouvertes, il ne faut pas seulement qu’elles soient disponibles, il faut aussi qu’elles soit soumises à une licence qui permette la réutilisation. C’est ce qu’a fait Montréal l’année dernière, à l’instar de plusieurs autres villes dans le monde, .

Autre élément qui tient du hacking: l’extraction de l’information. Par exemple, lorsque ZoneCone a été lancé, la Ville de Montréal ne publiait pas encore son fichier d’entrave routière. Il a donc fallu fouillé les entrailles du site pour trouver l’information. C’était un cas classique: le site présentait une carte Google des chantiers. Or carte Google = information disponible quelque part. En regardant le code de la page web et en faisant appel à un outil d’analyse, il est assez facile de remonter à la source. Est-ce illégal en soi? Pas vraiment car l’information est vraiment disponible sur le site, mais ce genre de procédé n’est pas toujours apprécié!

Utilisation économique

Vers la fin de l’entrevue, l’animatrice soulève la question de l’utilisation des données à des fins commerciales. C’est un sujet très riche. Notre position à Jonathan et à moi, est que l’utilisation commerciale est souhaitable car porteuse de produits intéressants pour le public et positifs pour l’économie. Ce n’est pas pour rien que l’Europe table sur des revenus de 40 milliards d’euros en ouvrant ses données! Sont-ils trop gourmands? Possiblement. Mais ça montre le potentiel économique de cette logique d’ouverture, y compris pour les entreprises.

Cependant, il ne faut pas non plus que les gouvernements se libèrent de certains leurs rôles au motif que les données sont ouvertes. Ainsi couper dans les effectifs de Statistique Canada parce que le gouvernement a ouvert ses données serait une erreur incommensurable. Supprimer des services en ligne du gouvernement là encore parce qu’il existe un portail de données n’est pas non plus une bonne idée. Les gouvernements doivent continuer à jouer leur rôle et à fournir des services pertinents; des organismes sans but lucratifs, des volontaires ou des entreprises pourront essayer de combler les trous, il en restera toujours!

Comme pour bien d’autres choses, la limite du rôle du gouvernement est floue. Je vais donc me permettre un petit exemple: celui de ZoneCone. À mes yeux, le gouvernement devrait fournir un outil de base pour visualiser les entraves routières. Ce n’était pas vraiment le cas lorsque ZoneCone a été lancé, ce fut amélioré par la suite. Toutefois, est-ce que le gouvernement devrait faire un site où les gens peuvent s’enregistrer et obtenir des notifications automatique et d’autres fonctionnalités plus complexes? À mes yeux, non. En effet dès qu’on rentre dans des questions de gestion des utilisateurs, de services avancés, etc, le gouvernement doit se demander si l’argent ne devrait pas être investi ailleurs. Mais comme je le disais, la limite est floue.

En espérant avoir clarifier certains propos et ouvert la voie à d’autres réflexions!

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TranspoCampMtl: une aventure qui commence

February 1st, 2012 — 11:04pm
Ce billet est écrit en collaboration avec l’équipe du Living Lab de Montréal qui a organisé l’événement et est publié sur leur plateforme collaborative en ligne.

Le TranspoCampMtl a eu lieu mi-décembre et j’ai eu le plaisir de participer à son organisation avec le Living Lab de Montréal. Un mois et demi après l’événement, après avoir ramassé les morceaux et fait bien d’autres choses, voici un petit compte-rendu avec quelques réflexions en prime. Ayant couru une partie de la journée et n’ayant quasiment pas eu le temps de participer à des sessions, mes constatations sont possiblement incomplètes… mais j’espère quand même utiles!

L’organisation de l’événement suivait le modèle des TranspoCamp d’Open Plans et plus généralement la philosophie des non-conférences: Les participants avaient l’occasion de créer eux-mêmes l’agenda de la journée en proposant des ateliers. En plus de la non-conférence, nous avions décidé d’organiser un hackathon. Cette décision découlait des deux motifs: Premièrement c’était l’occasion d’inviter certains partenaires de l’événement à ouvrir des jeux de données pour voir ce qu’il serait possible d’en faire. Deuxièmement nous souhaitions également qu’un certain nombre de geeks, pas nécessairement spécialistes des questions de transports, puissent venir s’ajouter au contingent de participants. Les jeux de données libérés pour l’occasion était des comptages de voitures et de piétons de la Ville de Montréal, les données GTFS de l’AMT (trains et bus de banlieue) ainsi que la localisation des stations d’auto-partage de Communauto. Évidemment toute donnée relative aux transports, à commencer par celles du portail de données ouvertes de Montréal, était utilisable.

Avec un bon 150 personnes dénombrées à l’entrée, nos objectifs en termes purement volumétriques ont été largement rencontré puisque nous visions une centaine de personnes. Plus important encore, nous avons eu la chance d’accueillir une impressionnante variété de participants. Outre les représentants de plusieurs agences de transport, d’organisations gouvernementales et d’entreprises privées oeuvrant dans le domaine des transports, de nombreux citoyens se sont également joint à nous pour parler solutions. Ce résultat était d’autant plus impressionnant que l’événement se déroulait durant la semaine.

Grille horaire des sessions

Grille horaire des sessions

De manière générale, le programme de la journée avait été fait de manière à laisser beaucoup d’espace pour les rencontres informelles et c’est probablement grâce à cela que la mayonnaise a bien pris et que des échanges intéressants ont eu lieu. L’événement a même permis des rencontres entre des personnes qui devraient se parler sur une base régulière mais qui se rencontraient par le première fois. Le tout fut relayé par une couverture médiatique à la hauteur de l’événement. Plusieurs journalistes ont passé une bonne partie de la journée sur place (pas mal plus que ce que j’imaginais) et ont profité de l’occasion pour s’imprégner des discussions et glâner quelques avis ça et là. L’utilisation du hashtag twitter a également permis de bien relayer l’information. Enfin la Maison du développement durable fut un endroit accueillant et qui symbolisait bien une des problématiques derrière les questions de transport: l’environnement.

"Hackers" en action

"Hackers" en action

Évidemment tout ne peut être parfait et quelques éléments mériteraient d’être améliorer pour la prochaine fois. Le premier de ces points est le hackathon. À notre connaissance, c’était une première de mettre ensemble un hackathon et un forum ouvert (unconference) sur les transports. Le but avoué était de mettre en contact ensemble des gens du domaines des transports avec des hackers pour favoriser les échanges sur ce que permettent les technologies récentes.

Cela a bien marché, presque trop bien. Plusieurs développeurs ont en fait passé une bonne partie de la journée dans les sessions à discuter plutôt qu’à coder. Je m’attendais à ce que cela se produise, c’est pour cela que des démos de Mapnificent et Open Trip Planner étaient préparées en parallèle du hackathon. Toutefois certaines personnes ont été un peu déçues de la tournure des événements et auraient souhaité plus de focus sur la partie développement. Résultat net: pour une prochaine il serait probablement préférable d’éviter de mettre les deux événements en parallèle. Une option qui me vient à l’esprit serait d’avoir un hackathon “transport” avant. Des démos des projets réalisés durant le hackathon pouvant être présenté durant la conférence. C’est le genre de question qui mériterait d’être réfléchie, les commentaires sont les bienvenus!

Reconnaissons tout de même le travail qui a été fait: plusieurs personnes ont découvert des technologies ou des plateformes comme Open Street Map et c’est un point à noter car le partage de connaissance est un élément central des hackathons. Au rang des réalisations, on peut aussi noter Opti-bixi,une application web visant à mettre en parallèle la localisation des stations Bixi avec l’achalandage piétonnier des intersections (jeu de données de la Ville). La logique derrière: Bixi sert entre autres à accélérer des trajets à pied, donc une forte concentration de piétons qui ne serait pas desservi par une station est perçu comme une opportunité manquée. Toute ceci rentre dans une logique très en vogue d’optimiser la ville notamment en améliorant l’efficacité des transferts multi-modaux.

Capture d'écran d'opti-bixi

Opti-Bixi

Autre élément qui m’a surpris: la taille des ateliers. Nous nous attendions à des ateliers de 10-15 personnes en moyenne. Nous avons plutôt obtenus des ateliers de 20-30 personnes (et donc moins d’ateliers). La conséquence que j’y vois: peut-être moins de sujets abordés et surtout plus de difficultés pour chacun de s’exprimer. D’un autre coté, il se peut que plusieurs personnes étaient principalement là pour écouter. Parmi les (rares) commentaires que j’ai eu le sujet, il semblait que l’espace utilisé (l’atrium) favorisait les attroupements plus importants.

Peut-être qu’un espace plus vaste, avec des zones plus séparées, aurait permis l’émergence de plus petits groupes. Il m’est difficile d’en juger de manière certaine. Pour une prochaine fois, il faudrait prévoir en conséquence et voir comment les choses évoluent. Chose certaine, le but n’est pas de forcer des grands ou des petits groupes mais de favoriser la communication et l’émergence des sujets de discussion. Là aussi, les commentaires sont les bienvenus.

Au rang des bonnes surprises (qui est cependant une surprise “travaillée”): l’effort pour garder une trace! Durant une des rencontres de préparation, j’ai lancé en guise de provocation qu’hormis des relations, il ne reste généralement rien d’un camp (au sens “rien de tangible”). Souvent le tout est trop informel pour garder une trace. C’était mal connaitre Louise Guay et le Living Lab! L’organisation des ateliers prévoyait d’avoir des rapporteurs qui ont pris des notes. Une personne était responsable de collecter ces notes puis elles furent retranscrites. Le résultat se retrouve désormais sur la plateforme collaborative du Living Lab, disponible pour tous!

Et pour ceux qui se demandent si ZoneCone est toujours vivant, la réponse est oui! Et j’espère pouvoir annoncer quelques nouvelles prochainement.

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Montréal dans la cour des grands

October 27th, 2011 — 9:31pm

La Ville de Montréal a annoncé aujourd’hui le lancement de sa politique de données ouvertes. Voilà depuis 2007 que j’attends cet événement et ceci se concrétise après seulement un an de vie de Montréal Ouvert qui a été un des principaux acteurs dans cette démarche, de concert avec certains représentants de la Ville.

Montréal était malheureusement en retard au Canada et notamment par rapport au G4 des données ouvertes (Edmonton, Ottawa, Toronto et Vancouver). Et autant dire ce qui est, ce n’est pas en cette fraiche journée d’octobre que nous avons soudainement effacé le retard sur ces villes.

Le bon

- En plus d’un portail attrayant et bien organisé, la Ville cherche réellement à inciter l’innovation autour des données, notamment avec l’intégration d’un forum et de différentes ressources pour intéresser les développeurs.

- Mieux que cela, la Ville ouvre même la porte d’un comité de concertation pour les étapes suivantes du déploiement des données ouvertes. Yeah!

- La licence comprend les mêmes éléments que les autres grandes villes du Canada (type Creative Commons, attribution share-alike), notamment le G4, ce qui assure une certaine cohérence et créé une sorte de standard de facto en matière de licence.

Le moins sûr

- Cette même licence contient malgré tout une clause “share alike” qui ne fait pas l’unanimité. Cependant cette limitation me semble compensée par l’uniformité avec les autres villes (y compris hors du Canada). Il faudrait juste que la Ville soit un peu plus claire sur ce qu’implique cette clause, notamment dans le cadre de mix entre différentes sources de données, car finalement personne n’a l’air certain à 100%.

- “Seulement” 13 sets de données ont été livré. Un des grands défis va être d’en amener plus. Plusieurs représentants de la Ville ont confiés qu’il y a une forte demande interne pour ouvrir les données. Il faudra voir comment ça se traduira, mais ça augure assez bien!

- Il n’y a pas d’API, “juste” des données brutes. Là encore, les représentants jurent que les choses vont avancer.

Clairement, l’optique des membres du comité de données ouvertes était de sortir quelque chose vite et avec des moyens limités pour montrer que Montréal pouvait être efficace. De ce point de vue l’objectif est rempli sans aucun doute et c’est un premier pas de géant en aussi peu de temps. Reste à voir maintenait s’il sera possible de maintenir l’effort; plusieurs autres villes ont démontrées un certain essoufflement après la première livraison de données.

Attraper le train en marche, la deuxième génération de données ouvertes

Tandis que Montréal sort enfin de sa coquille, d’autres villes, avec 2 ans d’expérience en banque, en sont déjà à dresser le bilan de leur premier cycle de vie de données ouvertes. Un des premiers constats, c’est la possibilité d’ouvrir les données entièrement via des API. Je regardais hier le site des données de la Nasa et son API, et c’est à se rouler parterre. Si le mouvement continue dans cette direction, il sera possible d’obtenir d’énormes quantités de données avec des navigateurs de données standards.

Ceci nous amène au second point: la standardisation. Tout ceci peut fonctionner si les formats de données sont minimalement uniformes. Récemment je lisais un bilan sur les données ouvertes à Rennes (malheureusement je ne retrouve pas lien…) qui soulignait entre autres la difficulté de justifier le développement d’applications (web ou mobiles) pour une agglomération de 200.000 personnes. Mon avis c’est que même pour une métropole comme Montréal, peu d’applications basées sur des données ouvertes pourraient se justifier financièrement (i.e générer des revenus à la hauteur du développement et surtout de la maintenance pérenne d’applications de qualité).

Il faut donc espérer une standardisation des formats de données “métier” pour que les investissements fait pour certaines applications se rentabilisent sur un bassin de population plus élevé. Le premier exemple qui me vient à l’esprit sont les données de transport en commun au format GTFS. Quiconque développe une application supportant le GTFS vient soudainement de s’ouvrir un marché de plusieurs dizaines de métropoles. Soudainement, ça parle un peu plus.

La bonne nouvelle, c’est que le responsable du projet de données ouvertes à Montréal a signalé qu’il est en contact avec les autres grandes villes du Canada pour tendre vers une certaine uniformisation. Bon signe pour l’avenir!

Une petite parenthèse sur ZoneCone

Les données d’entraves routières font partie du lot ouvert. Certes ces données étaient déjà accessibles, mais c’est une double bonne nouvelle. Primo ces données sont désormais couvertes par une licence ouverte, ce qui fait que ZoneCone n’est plus dans une zone grise de ce point de vue (en tous cas pour les données de la Ville). Secondo les données sont rendus disponibles au format KML qui est un peu plus standard que le VGML utilisé jusqu’à présent. Malheureusement, à l’intérieur du KML, les informations sont encore insuffisamment structurées, mais des discussions que j’ai avec la Ville depuis un certain temps tendent à me faire dire que ça va s’améliorer. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il faut que je modifie mon code pour supporter ce nouveau format!

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ZoneCone.ca: génèse d’une application Open Data

September 28th, 2011 — 9:49am

Ce billet est “crossposté” avec MontréalOuvert

Se lancer dans une application “open data” est souvent plus facile qu’on croit: on commence par jouer avec des données, mettre en place une base de données, créer quelques scripts et on est parti sans même l’avoir planifié! Mais la suite nécessite de se poser quelques questions…

Les technicalités

Tout ce qui tourne autour des données ouvertes est souvent perçu comme un travail de geek. C’est vrai que ça prend des lignes de code. Cependant de plus en plus, avec des frameworks de développement et les outils existant, il est possible de faire des systèmes assez complets en assez peu de temps et avec des compétences assez limitées. Il faut apprendre à coller des blocs ensemble mais l’information est largement disponible en ligne. Je ne suis pas un développeur, j’ai appris le développement sur le tard comme beaucoup d’autres!

De même pour l’hébergement du site, il est fascinant de voir l’offre qui est maintenant disponible et la manière dont tout est rendu facilement accessible. ZoneCone est hébergé pour 20$/mois avec la possibilité d’augmenter la taille du serveur en 15 minutes et de payer le serveur amélioré uniquement au prorata du temps utilisé et sans frais de transfert. Facile… ou presque!

Certes, avoir des outils encore plus accessibles aux non-informaticiens est nécessaire, mais obtenir quelque chose de viable est plus facile qu’on ne l’imagine de l’extérieur.

Le légal

Un des points qui est rapidement venu me hanter est celui des licences des données sources utilisées par l’application. Celles du MTQ étaient couvertes par le Droit d’auteur gouvernemental pour lequel une application de type mashup est dans une zone grise. Les données de la Ville de Montréal, elles, n’étaient pas clairement licenciées.

Le risque était donc de voir l’application poursuivie en justice après le lancement. Cependant, après avoir discuté avec d’autres développeurs d’applications, des personnes de Montréal Ouvert et du Cippic, une poursuite semblait assez peu probable. De manière générale, tout le monde était d’avis que tant que l’application n’avait pas de conséquence ou d’objectif malfaisant, des organismes publics ne se risqueraient pas à une poursuite. Le principal risque était donc de voir l’application se faire bloquer l’accès aux données sources.

Le lancement

Une des questions qui s’est posée était de savoir quand lancer? Attendre que l’application soit bien développée (et surement attendre plusieurs mois de plus) ou lancer rapidement. La plupart des personnes consultées ont proposé de lancer rapidement une application pas nécessairement complétée. La raison est double: comme les startups, il est intéressant de lancer rapidement et de faire des itérations par la suite pour pouvoir prendre en compte les remarques des utilisateurs dans les évolutions de l’application.

Par ailleurs dans le cadre actuel, notamment à Montréal, le but est surtout d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la pertinence des données ouvertes. Sachant que le données utilisée par ZoneCone étaient parfois hasardeuses (certaines incohérences étaient évidentes), il semblait vain de perfectionner l’application puisque les résultats seraient toujours liés à la qualité des données. Ainsi ZoneCone a été lancée rapidement bien que pas vraiment finalisé (et loin de l’être encore aujourd’hui).

Et enfin, si l’application n’atteignait pas se cible, je n’aurais pas passé plus de temps que nécessaire dessus.

La communauté

L’existence d’une communauté Open data (et plus généralement “geek”) demeure un élément central dans la réalisation d’un tel projet. N’étant un expert en rien, j’avais beaucoup à apprendre et j’ai pu compter sur les conseils et l’aide de plusieurs personnes pour avancer. Bien qu’Internet permette de joindre n’importe qui dans le monde, mes expériences ont montré que le taux de réponse et la qualité des réponses des personnes rencontrées localement étaient supérieures à celles venant de plus loin. Cela peut sembler évident mais c’est un rappel de l’utilité de bâtir des communautés locales et de les faire vivre pour favoriser l’échange d’idées et le support mutuel.

Forcer (un peu) le passage

Les membres de la communauté “open data” veulent des données mais les organismes publics sont souvent hésitants. Dans ce contexte, développer une application mettant en oeuvre les données en question, même de manière partielle et incomplète, demeure un très bon moyen pour provoquer les choses!

A titre d’exemple, le groupe de travail de la Ville de Montréal sur les données ouvertes était en plein travail lors de la publication de ZoneCone.ca. Ceci a donné encore plus de force à leur initiative en rappelant aux différents échelons de gouvernance la pertinence de la démarche. Évidemment rien n’est garanti, mais une démonstration de ce qui est faisable (et une certaine couverture médiatique) demeure un très bon moyen pour faire évoluer les esprits et c’est finalement un des premiers objectifs des mouvements comme Montréal Ouvert.

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Les données ouvertes pour (essayer de) lutter contre la corruption

September 19th, 2011 — 10:27pm

Je vais me permettre de reprendre une idée proposée par un utilisateur du site, à savoir rendre disponibles des données sur les entrepreneurs réalisant les chantiers routiers pour lutter contre la corruption. Par les temps qui courent, les scandales de corruption dans le domaine de la construction routière (et pas juste là) font les manchettes à travers le Québec sans qu’il ne soit vraiment possible d’y voir quelque chose. Sur ZoneCone, il y a en permanence près de 150 chantiers actifs juste pour le MTQ et la Ville de Montréal. Ça représente beaucoup d’argent, mais aussi de manière assez éparpillée. Comment y voir quelque chose?

Mais commençons par un cas bien réel. Voilà un an, David Eaves, un gourou des données ouvertes, a publié un billet relatant comment un accès à des données sur les dons à des oeuvres caritatives a permis de mettre en évidence un mécanisme d’évasion fiscale sur des montants de 3.2G$. Vous lisez bien: 3.2 milliards de dollars canadiens. Je vous laisse lire l’article si vous voulez en savoir plus, mais grosso modo en faisant une requête d’accès à l’information sur des déclarations d’impôt, un chercheur s’est aperçu que les plus importants “fundraisers” canadiens étaient des organismes totalement inconnus dans le milieu caritatif. Évidemment, les organismes en question étaient des épouvantails pour de l’évasion fiscale. Un accès à des données publiques et une analyse quantitative ont permis de mettre à jour les rouages d’un plan certes peu sophistiqué mais ô combien efficace!

Revenons à nos moutons: des hommes politiques financés par des entreprises dont certaines sont peu scrupuleuses et qui obtiennent en retour des faveurs sous forme de contrats publics très juteux et la mafia qui trempe dans tout ceci. Dans l’affaire, c’est le contribuable qui paie le champagne à tout ce monde et notre société qui s’enlise au grand complet. Que pourrait-on faire pour rendre les rouages à un peu plus visibles ?

1. Publier les données financières des chantiers. Qui? Combien? Pour faire quoi? Ce serait un bon début. À l’image des organismes caritatifs, il serait possible de simplement sommer les montants pour voir les répartitions. Ceci devrait s’appliquer à l’ensemble des acteurs des chantiers, des firmes de génie-conseil qui ont fait les plans jusqu’au différents niveaux de sous-contractants. Si d’autres provinces ou pays se mettent à publier des données équivalentes, cela permettrait également de mettre en évidence les disparités.

2. Publier les données d’infractions fiscales des entreprises. Une sorte de resto-net des entrepreneurs. Dans mon cas je m’intéresse aux entrepreneurs soumettant pour des contrats publics, mais c’est une information très intéressante de manière plus large. Ce type de mesure augmenterait sans doute la pression de ne pas choisir les entreprises condamnées. Peut-être.

3. Publier plus ouvertement l’information des donnateurs de partis politiques. Ce genre d’information est déjà largement utilisé aux U.S.A avec des initiatives comme Influence Explorer dont le rôle n’est pas négligeable. Cependant les enquêtes récentes sur le domaine de la corruption montrent combien l’argent versé aux partis se fait souvent par des prêtes-noms. De cette manière, il est assez difficile de faire le lien direct entre les entreprises, les prêtes-noms et les politiciens, des enquêtes sont alors nécessaires.

En regardant les points précédents, on constate d’abord que chacune des propositions commence par “publier les données”, c’est l’idée des données ouvertes. Et quand je dis publier, c’est essayer de rendre cela accessible, ouvert et pérenne. Ensuite, si chacune de ces sources d’information sont intéressantes indépendamment, les combiner serait encore plus puissant puisque cela permettrait de créer des liens: quelles entreprises condamnées ont encore des chantiers actifs, pour quels montants et autorisés par qui? On peut aussi gager qu’il serait possible de mettre en évidence certains schémas récurrents dans la distribution des chantiers, les partenariats, les influences locales et bien d’autres…

Comme je dis souvent, les données ouvertes ne résoudront les problèmes de faim dans le monde, et cela ne mettra pas fin aux problèmes de corruption non plus. Cependant cela peut mettre en évidence certains rouages de la mécanique cachée de ce système corrompu et ainsi mieux le comprendre. Ce n’est pas beaucoup, mais étant donné l’actuel flou autour de toutes ces affaires, ce serait mieux que rien!

Moulin à vent

Don Quichotte, es-tu là ? (Île aux Coudres, 3 août 2009)

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Réfléchir à voix haute

September 16th, 2011 — 7:38pm

Telle sera la vocation de ce blogue: réfléchir à voix haute, jouer avec des idées et des concepts, essayer de remettre en cause des paradigmes et pourquoi pas valider des hypothèses.

Sur quels sujets ? La raison d’être de ZoneCone amènera nécessairement la réflexion à se porter sur les chantiers routiers et l’information qui s’y rapporte. Cependant ZoneCone se place dans une vision plus large qui englobe l’innovation -notamment dans des systèmes ouverts, les données ouvertes et la mobilité, donc des sujets assez vastes et à peu près inépuisables. Enfin toute autre question qui serait profitable pour mon auditoire (probablement assez restreint) pourrait également être abordée.

Évidemment, il sera aussi de question d’aspects plus techniques comme du développement de ZoneCone, des fonctionnalités à ajouter aux tentatives de “développement des affaires”. À noter que ce terme de développement des affaires concerne les démarches entamées pour rendre le site plus visible et plus utilisé, le développement commercial n’étant pas dans les objectifs que je me suis fixé. Si le coeur m’en dit, j’expliquerai ici mes plans en vue de la domination du monde. Des billets pourraient également avoir une vocation autopromotionnelle mais je promets de ne pas en abuser!

Tout cela va représenter un changement de ton dans mon cas. Voilà depuis 2003 que je bloque sur un ton volontier sarcastique et allant surtout dans le commentaire éditorial. Cette fois-ci, l’objectif sera une réflexion plus posée et en plus de 140 caractères. Cela ne m’empêchera pas pour autant de commenter l’actualité comme je compte le faire dans le prochain article. Mais il va de soi que la fréquence de mise à jour n’ira brûler les yeux des personnes: le temps et les idées à développer ne sont pas illimités!

Les commentaires sont évidemment les bienvenus, que ce soit directement sur le blogue ou par courriel. Les nouveaux billets seront évidemment visibles via le fil RSS et je les annoncerai également par le compte twitter @zonecone.

Bonne lecture!

Cordage

À bord du Niagara (Montréal, 16 sept. 2011)

 

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